
Cette photo date de 1961. Enseigant à l'école Saint Pierre-Claver, Bacongo Bruno est aussi un musicien des premières heures de la musique congolaise "moderne". A l'écoute de ce qui se faisait de l'autre côté du fleuve (Kabasélé, Papa Noël et les autres), il s'active avec quelques amis dans les bar-dancing de Brazzaville où il fait montre de ses talents de saxophoniste.
En effet, autodidacte jusque dans l'os, il éblouit les mélomanes par sa virtuosité au saxophone ténor. Un atout technique qui l'aidera à créer, sous les encouragements du RP Flamand alors curé de la paroisse, cette chorale qu'il baptisera d'un nom bien à propos : Tanga-ni-Tanga (je veux chanter). Drôle, pour un instrumentiste, de décider de chanter non plus dans les bar-dancing mais à l'église, pour la seule gloire de Dieu.
Le pari ne fut pas insurmontable, car la volonté et la détermination étaient là. Le projet d'une chorale managée par un "enfant du quartier" était non seulement excitant, mais de plus cela était symbolique, au niveau de l'église, d'un mouvement de prise en charge de certaines responsabilités pour faire vivre nos communautés chrétiennes avec "nos tripes". L'indépendance n'était donc pas que politique : elle touchait à l'homme et à la femme congolais dans toutes les composantes de leur être.
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Bacongo Bruno
Fondateur de la chorale
Tanga-ni-Tanga
Ce qui fait la force d'une chorale, c'est la maîtrise technique de ses membres et la rigueur avec laquelle son staff tire le meilleur parti des talents des un(e)s et des autres. Mais l'enthousiasme de l'équipe n'est efficace et performant que si les énergies sont fédérées autour d'un bon projet artistique. Et la programmation en fait partie.
Tanga-ni-Tanga a fait le pari de la tradition et de la modernité à la fois : elle a été, dès sa création, pionnière dans l'inculturation progressive de la musique religieuse et dans l'innovation et l'exploration continuelles des sensibilités originales et nouvelles : Classique, Folklore, Negro Spirituals, Gospel, etc. Tout cela, on le doit au génie d'un autodidacte qui a su s'ouvrir l'esprit et s'entourer de jeunesse et de forces vives : Bruno Bacongo. Ce dernier a fait partie des figures de proue des chorales catholiques et protestantes du Congo au rang desquels on peut citer M. Oboa (paroisse Ste-Anne de Poto-Poto), M. Bindika (paroisse ND de Bacongo, M. Soundoulou (paroisse Jésus-ressuscité du Plateau des 15 ans), M. Nkouka (Temple protestant de Bacongo)...
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Ce qui frappe le touriste fraîchement arrivé en Terre africaine lorsqu'il se rend à un office religieux, ce sont la vie et la chaleur qui s'en dégagent. Non pas que les chorales s'emploient, aux heures des offices, à redoubler d'intensité et de décibels, comme pour défier et couvrir les mélopées frénétiques que crachent à saturation, à chaque coin de rue, des centaines de haut-parleurs sans cesse décentrés et rebobinés sur le champ, mais que lesdites chorales bénéficient aujourd'hui d'instruments impression- nants.
Tanga-ni-Tanga est à l'avant-garde avec un équipement à faire pâlir les orchestres de la place. C'est là le fruit de nombreuses donations soutenues de la part de quelques fidèles bienfaiteurs, au premier rang desquels MM. Jean-Claude Ganga et Ruffin Malhaby.
Et quel plaisir lorsque toute cette puissance est maîtrisée au service du chant, principalement ! Oui, c'est la magie qui est à l'œuvre depuis près de cinquante ans : du rythme, de l'harmonie, de la couleur, de la ferveur pour soutenir, affermir et nourrir la spiritualité des fidèles et des choristes eux-mêmes…
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